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Violences obstétricales et gynécologiques

Les violences obstétricales et gynécologiques sont de plus en plus nommées, notamment grâce aux témoignages de personnes ayant vécu des expériences difficiles en contexte de soins. Pourtant, cette réalité demeure encore méconnue, minimisée ou difficile à définir. Entre gestes banalisés, manque d’écoute, absence de consentement ou attitudes blessantes, plusieurs situations peuvent laisser des traces importantes sans toujours être reconnues comme telles.

Cet article propose de mettre des mots sur ce phénomène afin d’en faciliter la compréhension. Il vise à mieux cerner ce que recouvrent les violences obstétricales et gynécologiques, comment elles peuvent se manifester, quels en sont les impacts et quels droits existent pour favoriser des soins respectueux. L’objectif n’est pas d’alimenter la méfiance envers le système de santé, mais de soutenir une culture de soins fondée sur la dignité, l’écoute et le consentement.

Sections

Qu’est-ce que les violences obstétricales et gynécologiques (VOG)?

Définitions des termes :

  • Obstétrical: qui concerne la grossesse, l’accouchement et les soins autour de la naissance.
  • Gynécologique: qui concerne la santé des organes sexuels et reproducteurs des femmes et des personnes ayant un vagin, comme les examens pelviens, la contraception.

Les violences obstétricales et gynécologiques sont situées à l’intersection des violences systémiques, institutionnelles et genrées, qui s’inscrivent également dans le continuum des violences sexuelles.

Elles englobent tout acte, geste ou omission de la part d’un·e professionnel·le de la santé qui n’est pas médicalement justifié, qui est posé sans le consentement libre et éclairé de la personne possédant un utérus, ou qui lui cause un préjudice. Ces violences se manifestent tant dans les pratiques médicales que dans l’organisation des soins et dans les attitudes des professionnel·le·s. Ces situations posent une dynamique de pouvoir, limitent l’autonomie des personnes possédant un utérus et restreignent leur capacité de choix concernant leur corps et leur sexualité, ce qui détériore leur bien-être et leur qualité de vie.

Mais concrètement, ça ressemble à quoi?

Ces violences peuvent prendre plusieurs formes : violence physique, sexuelle, verbale, psychologique.

  • Une procédure exécutée sans expliquer ni demander le consentement de la patiente
  • Des gestes imposés sans raison valables
  • Se faire invalider par le.la professionnel.le
  • Des commentaires déplacés, blagues ou jugements sur ton corps ou tes choix.
  • Se faire infantiliser ou mépriser
  • Se faire imposer la pilule contraceptive par son.sa médecin de famille

Quels peuvent être les impacts des VOG?

Les violences obstétricales et gynécologiques peuvent engendrer des répercussions profondes et durables sur plusieurs sphères de la vie des personnes touchées.

Sur le plan psychologique :

  • Trouble de stress post-traumatique
  • Épisodes dépressifs, à des pensées suicidaires
  • Perturbations émotionnelles et cognitives

Sur le plan physique :

  • Douleurs persistantes ou des séquelles liées à des interventions médicales invasives

Sur le plan professionnel :

  • Difficultés d’adaptation
  • Arrêts de travail
  • Altération de la relation de confiance envers le milieu médical
  • Évitement des suivis gynécologiques
  • Évitement ou difficulté à poser des questions ou partager des informations, par crainte d’être jugé·e

Sur le plan affectif, sexuel et conjugal :

  • Fermeture émotionnelle
  • Détérioration de la dynamique de couple
  • Refus de grossesse ou une surprotection de l’enfant
  • Baisse ou absence de désir sexuel
  • Vaginisme, douleurs à la pénétration
  • Sentiment de perte de féminité

Vos droits en contexte de soins de santé sexuelle et reproductive

  1. Droit de recevoir des soins et des services exempts de discrimination
  2. Droit à l’information 
  3. Droit à l’autonomie (choisir son professionnel·le, établissement et participer au décisions)
  4. Droit de consentir à des soins ou de les refuser 

*Les patient.e.s peuvent consentir de manière autonome à des soins de santé à partir de 14 ans.

  1. Droit à l’intégrité 
  2. Droit de porter plainte 

*À noter que le droit de porter plainte ne garantit en aucun cas la retenue de la plainte.

  1. Droit d’accès à son dossier usager 
  2. Droit d’être accompagné, assisté ou représenté 
  3. Droit à la confidentialité 

Les informations concernant leur santé ne peuvent pas être partagées sans leur consentement, sauf si la loi l’exige. Le secret professionnel s’applique même pour les mineures de 14 ans et plus. Certaines exceptions existent :

  • Si le soin requiert une autorisation parentale (hospitalisation plus que 12h, soins non requis, etc.)
  • Si la vie ou la sécurité du.de la jeune est en danger
  • Si la loi oblige la divulgation (ex. DPJ, danger grave).

Comment se préparer à un rendez-vous en santé sexuelle ou reproductive?

Se préparer à un rendez-vous peut contribuer à diminuer le stress et à favoriser une expérience plus positive. Il peut être utile de réfléchir à ses questions, ses besoins et ses limites à l’avance, et de les noter au besoin. Pendant la rencontre, il est possible de demander des explications, d’exprimer ce qui est ressenti ou de poser des questions si certains éléments ne sont pas clairs. Il est également légitime de demander une pause, de refuser un soin ou de changer de professionnel·le en cas d’inconfort. Être informé·e et à l’écoute de soi-même peut ainsi soutenir l’autonomisation et la participation active dans ses soins de santé.

Pour aller plus loin

Sexplique offre un atelier de 60 minutes portant sur les violences obstétricales et gynécologiques, dans le but de renforcer les connaissances sur les VOG et le pouvoir d’agir des patient.e.s en contexte de soins de santé.

Ressources disponibles

  • Sexplique
  • Organismes du Regroupement Naissances Respectées (RNR)
  • Centres de femmes
  • Centres de ressources périnatales (CRP)
    • Soutien pendant la période périnatale
    • Groupes pour deuil périnatal ou expériences difficiles liées à la grossesse ou l’accouchement
    • Infos : www.rcrpq.com
  • Professionnel·les en santé mentale et sexologie
  • Porter plainte :
    • Commissaire aux plaintes et à la qualité des services, présent dans chaque établissement de santé (hôpital, CLSC, etc.) – Confidentiel
    • Ordres professionnels (ex. médecins, infirmier·ères, etc.)
    • *Possibilité d’être accompagné·e dans les démarches par un organisme ou une personne de confiance.


Sources